Expression libre, prose du déménagement… ;o)

Un jour, on part de son chez soi, pour en trouver un autre…

Une bouteille à la mer

Une bouteille à la mer

 »On se dit alors, s’il y a un ailleurs qu’ici, il doit être mieux d’ailleurs qu’un chez soi devenu ainsi, si extérieur à soi.  On part donc loin, loin des siens, tout en gardant ce lien, lien du cœur d’abord, lien du corps d’accord, lien séant qui à chez soi nous relit, d’une invisible liaison de soie, de soi et des siens. On entretien ces biens. On aime recevoir de loin des messages semblant du passé, qui continuent au présent une histoire dépassée mais au combien présente, dans le cœur des laissés.

On retrouve un chez soi, qui n’a rien à envier aux anciens habitats, où ensemble on vivait d’un unisson décousu. On le décors alors, en voulant partager avec cet inconnu espace, une sorte d’intimité, un semblant de chez soi. On s’approprie les lieux, on délit les paquets qui renferment des secrets que l’on peut afficher. Quelle est ma personnalité ? Comment et où je veux vivre ? Des questions nouvelles apparaissent, qui naissent de l’inconnue, que l’on ne connaissait guère au temps de naguère, où tant et si bien que là et où nous vivions, nous pensions rester, pour l’éternité. Une vie infini et sans limite, celle de l’enfance, de ses prouesses sans fin. Un monde réel et absurde, où le repos est dans le je, la vie est un jeu et les rêves sont hérissés de doux contours qui laissent transparaître à la lumière du jour, un reflet que l’on appelle  »avenir ».

L’enfance pour le corps passée, on aimerait garder cette étincelle juvénile, cette innocence incandescente qui est comme une promesse. On y travaille, mais le cœur vieilli de tous ces châtiments que nous impose la vie, tire sur une sonnette, qui pompe notre air pour produire ce cri strident, du rire, des larmes, de la colère, tous ces sentiments qui sont un hoquet qui rythment une vie. Tantôt étouffé, tantôt inspiré, on va et vient et on trouve qu’ici on est peut-être mieux que là.

On se souvient du là-bas, devenu presque étranger mais tellement familier qui quand on le retrouve, nous rattrape et nous couve. On s’en fait plusieurs, des là-bas de bonheur, des là-bas j’étais bien, en oubliant alors qu’il y a un ici maintenant, qu’il est grand temps à présent, d’arrêter d’oublier.

Un jour, on part de chez soi, pour en trouver un autre, repensant au passé et vivant à présent, de nouveaux lendemains. »

Jérémy Vitupier

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