Séance scolaire

Jour 2 : après la première d’hier qui a bien été et pour laquelle nous avons eu de très bons retours, aujourd’hui nous faisons notre première séance scolaire en ce début d’après-midi ensoleillé d’une fin de mois de mai !! ;o)

En avant les show !!!

En avant les show !!!

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Jour important !

En cette journée grise du mois de mai, 2 choses importantes ont lieu :

La matrice de Morphée - Michael Watts

La matrice de Morphée – Michael Watts et les étudiants 2èmes et 3èmes années de l’ÉNC

D’une part, il y a la première de notre spectacle de fin d’année à l’école nationale de cirque de Montréal : La matrice de Morphée. Ça se passe ce soir à 20h à la ToHu (je l’ai dit mais je le répète) et je suis très excité à l’idée de (enfin) jouer pour des chaises qui auront la chance (ou pas dans certain cas) de supporter les fessiers anonymes de notre cher public d’un soir !

Il y a aussi un autre événement aujourd’hui… Plusieurs fois dans ma vie j’ai rencontré des femmes, je dirai même de grandes dames qui m’ont inspiré et guidé dans mon parcours artistique et humain. Ça a été plusieurs fois synonyme d’un grand changement dans mon parcours. Je leur en suis très reconnaissant. Il y en a surtout une qui a toujours été là pour moi ; celle qui me prodigue souvent beaucoup trop de conseils, celle qui s’inquiète toujours pour moi, celle qui croit en moi malgré tout et celle que j’aimerai rendre la plus fière : ma maman ! Je te souhaite un très bon anniversaire maman, je t’aime de tout mon cœur et je penserai particulièrement à toi en cette soirée de première !!!

Ma maman et mon papa <3

Ma maman et mon papa ❤

Quant à mes amis, partenaires et artistes, avec qui je vais partager la scène ce soir : un gros MERDE !!

Et pour le public, à ce soir ;o)

Quand je me suis fait chargé par des chaises ou autres histoires à dormir debout…

Vides, impassibles et sombres. Ce sont les silencieuses qui observent de leurs regards absents nos moindres faits et gestes.

Nous passons beaucoup de temps à jouer pour des chaises. Elles siègent imposantes face à nous. Trônes de l’attente et de l’espoir, elles restent et nous toisent. On leur parle, on fait comme si elles représentaient quelque chose ou quelqu’un. On communique notre vulnérabilité à ces chaises en essayant d’être authentique. Sans penser au préalable à se présenter :

« – Bonjour,  je m’appelle Jérémy.

– Bonjour, je suis A21

– Moi c’est A23 ! »

– Et moi A19, nous sommes la rangée impair. »

Est-ce que les chaises existent en dehors de notre présence ? Ça serait marrant de pouvoir les observer dans leur solitude. C’est quoi la vie d’une chaise ? Est-ce qu’elles rentrent chez elles après une journée de dur support ? «En ce moment, j’ai une vie de chaise !»

Quand on y réfléchit, une chaise ne nous laissera jamais tomber. On peut assoir notre autorité sur une chaise en montant debout dessus ! La chaise est toujours volontaire, prête à servir, elle ne s’a pas soi mais on l’a souvent pour soi. Être à deux sur une chaise ne la dérange pas non plus ; elle n’a pas vraiment d’avis arrêté sur la question. À part si celle-ci est fragile, certaines d’entre elles sont émotives, trop de pression et c’est la rupture !

Un jour une chaise m’a dit : « … » et le pire c’est qu’elle n’avait pas tord !

J’aimerai pouvoir entendre les chaises pleurer, le vague à l’âme des chaises. Quand on les frotte trop fort sur le sol, elles grognent ! C’est bien qu’elles ressentent la douleur. À force de soumission, les chaises finissent en morceaux, au recyclage ou au bucher. Pas de quartier chez les chaises. Mais la majorité d’entre elles sont vraiment solides et la plupart nous survivront. Elles ont bon dos les chaises !

Y a-t-il une hiérarchie entre les simples chaises, les chaises berçantes, les chaises de bureau ? Est-ce que les chaises sont racistes envers les tabourets ?

« – Ma pauvre, ils ont complètement raté ta coupe !

– Mais non, je suis allé chez un nouvel ébéniste, il paraît que c’est la totale tendance dans les cuisines parisiennes !! »

Comment exister sur scène pour quelque chose qui n’en a pas conscience ? Notre mouvance confronté à l’immobile. Adossées aux gradins, elles nous contemplent, ces lignes absurdes, ces fantômes de personnes qui ne sont pas là. Leur présence est persistante, à un tel point qu’on fini par les oublier. Elles ne font plus partie que du décors. Un décors qui n’est plus sur scène mais tout autour. Tout le reste du monde n’est plus qu’un ensemble d’ornements d’où il faut nous extirper. Nous recherchons notre essence, tentons de l’extraire de ces agencements inchangeants, rangés et immuables.

Ces chaises ne sont qu’une mise en demeure, un rappel, un vide qu’il nous incombe de combler. Les chaises existent. Elles existent parce que nous avons besoin d’elles, parce que nous avons besoin d’elles pour exister.

Et si elles n’étaient pas là, et bien les gens s’assiéraient par terre.

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À l’abordage !

L’école, c’est fini ! Nous avons traversé la rue pour investir notre lieu de présentation des spectacles : la ToHu !!

La ToHu c’est quoi ? C’est grand. C’est beau. C’est rond. C’est une salle de spectacle dédiée aux arts du cirque avec une scène circulaire. C’est aussi notre deuxième maison pour les 3 prochaines semaines car nous allons y passer une bonne partie de nos jours et parfois de nos nuits… J’exagère, tout ça pour dire qu’on va y être un bon boutte !

Quant au titre de cet article, il est d’une part inspiré par ces pirates d’une toute autre époque qui à l’aide de cordes et autres crochets se lançaient à l’attaque de pauvres petits navires marchands, dont l’un était la propriété d’un marchand du nom de Gustave qui avait alors travaillé toute sa vie, d’abord dans les champs de l’entreprise familiale  pour pouvoir plus tard se payer son modeste navire. Navire qu’il avait baptisé Augustus, bien que les baptêmes de bateaux étaient plutôt rares à l’époque, car il était et c’est toujours le cas aujourd’hui, difficile de rentrer un bateau dans une église. «Alors là, je vois déjà venir les puristes qui vont me dire : « Oui, mais les baptêmes ne se font pas forcément à l’église, et caetera et caetera… » À ceux là je ne dirai qu’une chose : « Peut-être »» d’autre part, hum, je ne sais plus…

Tout ça pour dire que l’aventure continue et que les shows vont être étonnants, détonants, plein de talents et de tannants. Je vous laisse sur ces rimes un peu vaseuses, méditez-bien là dessus et de notre côté on retourne passer la moppe sur le stage ;o)

« Bière qui mousse n’amasse pas de rousses » Gustave