Itinéraire de tournée : Le Brésil, la beauté et l’amour.

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Je ne sais pas très bien par où commencer. Il y a maintenant deux semaines, je suis arrivé au Brésil – c’est mon premier séjour en Amérique du Sud – et il y a déjà tant de choses à raconter. J’aurais dû écrire au fur et à mesure mais j’ai été pris par le cour des choses. J’ai été saisi par la vie, happé par la beauté et la générosité des gens que j’ai rencontré ici.

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Nous sommes toujours dans des grandes villes qui fourmillent de monde. Il y a ceux qui marchent vite, les pressés qui enjambent ceux qui dorment au sol, et il y a ceux qui parlent, qui chantent et qui dansent. Il y en a plein d’autres aussi, c’est la multitude, la diversité incroyable, tous si différents et si beaux ! Je trouve qu’il y a quelque chose de très organique dans l’atmosphère. Une sorte de chaleur intrinsèque, une connexion impalpable qui facilite les contacts.

À Salvador je rencontre Josef qui m’ouvre son toit. Il ne parle aucune des trois langues que je connais et malgré ça on arrive à se comprendre. C’est une des beautés du voyage, quand au bout d’un moment tu n’écoutes plus seulement les gens avec tes oreilles. Il me parle de sa vie, me montre sa ville la nuit. 7 septembre, c’est la fête de l’indépendance et mon premier jour au Brésil. Il y a du monde dehors, ça pétarade, ça danse, les musiques de ce nouveau monde s’invitent dans la rue. Chaque maison a la sienne. Nous marchons dans ces ruelles bordées de maison d’un style portugais, auréolées de nombreuses églises. C’est ici à Salvador que les premiers colons sont arrivés. Ce fut la première capitale du Brésil. Nous rentrons plus tard chez lui, je suis un peu exténué par le voyage mais nous échangeons encore un peu, lui, son père Lévi et moi. Lévi parle beaucoup et me pose plein de questions sur ma vie. Il est juste vêtu d’un short et d’une toison à me rendre jaloux. Il s’exprime avec ses yeux et quand il est content il me serre la main, ce qui arrive souvent. Ce sont deux des personnes les plus gentilles que j’ai rencontrées dans ma vie. Après deux nuits passé chez eux, j’ai maintenant une bonne base en portugais mais surtout je commence ce voyage avec une énergie très positive.

À Rio nous partons en balade, à la conquête du Corcovado. Une statue du Christ perchée sur une montagne. Nous sommes une petite dizaine d’artistes du spectacle. Il y a un sentier piéton pour s’y rendre, à travers la jungle de la ville puis celle de la montagne. Une ascension de 3km sous le regard curieux des singes. 3km d’un beau dénivelé où nous sommes seuls et un peu à l’abri de la chaleur tropicale qu’il peut faire en cette fin d’hiver de ce côté du globe. Tranquillement, le groupe s’étale sur le flan de la montagne. Chacun à son rythme nous grimpons, appréciant ce moment entre deux respirations saccadées. Nous arrivons en haut médusés par la vue impressionnante mais trop vite écœurés par cette foule bruyante qui tout d’un coup s’impose à nous. Ces gens montés en bus ou en train qui viennent se prendre en photo tout là haut. Nous repartons en courant jusqu’en bas et plus loin encore, emportés par notre élan nous finissons la nuit par nous jeter dans l’océan de la plage d’Ipanema.


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On entend souvent parler de la violence. Je pense qu’en parler c’est l’encourager. Afficher des panneaux pour signaler qu’ici on risque de subir une agression si on ne reste pas sur ses gardes, ça nous pousse à nous méfier, à ne pas agir naturellement, à se déconnecter les uns des autres. Tout ça pour dire que je n’ai pas vu de violence à part celle infligée par l’argent. Alors je m’arrête ici sur le sujet. Parce que simplement pointer du doigt les choses qui ne vont pas ça n’encourage pas les choses à s’arranger. Et dire que tel ou tel quartier est dangereux ça ne permet pas aux gens qui y vivent de s’en sortir. Non, ce dont on a besoin c’est de l’inspiration, des énergies positives, des solutions, de l’imagination. Il y a plein de gens qui font ça. Notamment, cet homme qui il y a quelques années a consacré 10 ans de sa vie (peut-être plus) à refaire tout un escalier en céramique pour amener de la couleur et des images du monde entier dans un quartier populaire de Rio. Il y a aussi Nino, un italien de mon âge, arrivé il y a deux ans pour quelques mois et qui n’est jamais repartis. Il donne des cours d’anglais à des enfants dans une favela et permet à ces jeunes de rencontrer des voyageurs comme moi en nous invitant à venir l’aider pour son cours, depuis la plateforme du site couchsurfing. Il leur ouvre une fenêtre d’une valeur inestimable contre un peu de notre temps. Et l’enrichissement est partagé. J’en ai plus appris avec ces pousses de 11 ans en une heure qu’en une dizaine d’année à faire défiler mon fil d’actualité. Puis Nino nous a emmené au cœur de la favela, là où on ne va pas. La ville dans la ville, où les habitations se soutiennent les unes aux autres sur un flan de montagne. Tout est imbriqué dans une harmonie désordonnée, les arrêtes dépassent, les murs en traversent d’autres, les câbles tirés de la ville font la course à nos pieds et au dessus de nos têtes. Des kilomètres de galeries d’une beauté accidentée nervurent cette communauté métisse. On se perd ici puis on se retrouve et on ne veut plus quitter ces lieux.

Un soir, nous prenons un cours de forró. Une nuit nous dansons, puis une autre et encore une autre. Dedans, dehors, dans des fêtes de rue ou des centres communautaires ou des marchés ou des bars ou des maisons. Partout où la musique joue nous dansons. Et je tombe amoureux de ces gens éclatants qui dansent cœur contre cœur, sur la pointe des pieds. Je tombe amoureux de ces pauses qui reviennent tous les 4 temps, de ce temps suspendu entre deux êtres. Je tombe amoureux du contact de ces seins et de la chaleur de son front contre le mien, de cette intimité qu’on se créé juste le temps d’une danse, juste avant de redevenir des inconnus. Je me rend compte ou me rappelle ici, que je vis et veux vivre pour ces batailles du temps présent.

Finalement je rencontre Samantha. Nous sommes toujours à Rio et elle va aussi m’héberger via le site couchsurfing. Elle m’invite dans une fête sur une place publique où des femmes chantent et jouent de la musique. Elles embarquent avec force et fierté la foule dans leur joie de vivre et de célébrer. On partage des verres et on danse. Puis la dernière danse est annoncée. Ça va être ça pendant une heure ! Une heure à étirer la fête, à continuer à danser malgré tout, à en redemander encore. Encore une dernière, puis la suivante pour que la dernière ne fasse qu’en précéder une autre. Jusqu’au moment où nous rentrons, pour finir en discutant longuement dans la cuisine de Samantha. Le lendemain nous partons pour une petite balade vers le Pain de Sucre, où elle va rejoindre une amie. Je les laisse là et continue mon chemin sous le soleil de Rio. Je longe ces quartiers de maisons chères. Je longe ces plages où l’on vient jouer au foot. Je longe ces grands axes, ces rues, je marche vers une destination inconnue. Pas après pas, je suis là au milieu d’eux.

Salvador, Rio de Janeiro. Deux villes en presque deux semaines. Il reste une petite dizaine de jours pour parcourir les 4 villes restantes. Alors à bientôt..!

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