Les voyages, les rencontres et la Nouvelle-Zélande

19 décembre 2017, les minutes glissent tranquillement vers minuit. Ainsi s’achève ma dernière journée complète en Nouvelle-Zélande. Ma valise est bien pleine, ma tête l’est encore plus. 1536 photographies prises en un mois et demi. C’est peu d’images comparé à ce qui se déroule encore en arrière de mes yeux. Je sais que ce soir je n’arriverai pas à m’endormir. J’ai cette envie que ça dure encore un peu. Il reste encore tellement de choses à faire ici. Mais il en reste aussi beaucoup à faire là bas. Cette ailleurs déjà vécu où m’attend un présent encore inconnu. Parce que c’est ça la vie aussi, savoir redécouvrir et vivre les instants des recoins qu’on a mille et mille fois traversés. Nouvelle-Zélande je te quitte et je te dis au revoir. Au revoir à toi et à tous les gens merveilleux que tu m’as fait découvrir. J’emporte avec moi un bout de ton savoir vivre et de ta chaleur. Au revoir donc, et certainement à bientôt ! Ne change pas trop et reste encore un peu loin du reste. Je t’aime et merci.

On pourrait dire que je suis dans une belle galère. C’est la deuxième fois en peu de temps que je ne veux pas repartir d’où je suis. Souvent ce sont les rencontres qui font un voyage, le pays et les paysages comptent aussi, mais les véritables souvenirs se forgent dans les liens qu’on a pu tisser avec certaines personnes croisées sur notre route. Des fois, on fait une voir quelques rencontres marquantes. Ici, j’ai l’impression d’avoir rencontré une bonne centaine de personnes différentes. Rencontrer dans le sens le plus humain du terme. Lorsqu’on se rencontre et qu’on écrit ensemble un bout d’histoire de notre vie qui va rester gravé dans notre mémoire, comme un moment sucré de l’existence. Il y a eu les rencontres avec de nouvelles personnes mais aussi ces passages croustillants qui nous rappellent l’amour que l’on a déjà pour nos amis. J’exagère sûrement sur le nombre mais le sentiment lui est bien là. Et maintenant, je me retrouve coincé devant mon ordinateur, à vouloir raconter les expériences que j’ai pu vivre depuis le début du mois de novembre et trop de mots et d’émotions me viennent d’un coup. Je me dis aussi que je n’ai même pas fini de raconter le Brésil qui fut une expérience réellement marquante pour moi, alors comment embrayer sur la Nouvelle-Zélande. Je me vois fermer les yeux et reparcourir les deux dernières années et demi, depuis que j’ai commencé la tournée. Je les ouvre humide et le cœur plein. Je me sens tellement privilégié d’avoir cette vie de rencontres autour du monde. Ça me fait oublier à quel point je peux me sentir seul parfois. Je suis sans voix depuis un moment, perdu entre les émotions et les idées. Et je sens à présent que je m’écarte du sujet. Mais peut-être au contraire qu’il est bien là le sujet : d’accepter de vivre toute l’intensité de ces moments.

Sur mon ordinateur, le voyage en Nouvelle-Zélande peut se résumer en 1536 photos prises. Et quand je les parcours, j’ai l’impression qu’il manque les bords. Ces bouts de paysages immenses qui ne se laissent capter que par l’œil attentif des gens qui apprécient l’absence de la fuite du temps. Quand on se prend à arrêter de compter. Je lis sur ces photos les moments de partages fraternels dont elles distillent avec soupçon le goût exquis. Et je me rappelle les moments heureux comme quand on tombe amoureux et que les papillons viennent nous chatouiller derrière le nombril. Ces moments qui ne sont pas très loin et que je peux encore distinguer très clairement sans image. Je peux même voir quand la réalité s’est changée en mémoires et que celles si sont devenues souvenirs. Des moments partagés en vrai à partager en voix ou en mot, comme je voudrais le faire maintenant.

Tout a commencé par une inconnue qui m’a accueilli chez elle comme un fils. Elle m’a ouvert sa porte et m’a serré dans ses bras. Elle m’a montré son monde illuminé des feux de la nuit du 5 novembre. Puis j’ai pris la route. Une longue route déserte et sinueuse vers un hiver qui s’invitait au souper. Les paysages étaient fantastiques et s’étalaient sur des milliers de kilomètres. J’ai dormi dans une petite cabane pour me réveiller sur un navire, dans le froid glaçant des vents s’engouffrant dans le fjord. J’ai observé des constellations inconnues au plus profond d’une grotte où les murs scintillent et font naître une subtile clarté sur le visage des émerveillés. Puis il y a eu la douceur du feu de cheminée, dans la paisible maison de mon ami Ashley. J’ai travaillé aussi, parce que je suis quand même venu là pour ça. Nous avons surfé sur les vagues d’enthousiasme d’un public enjoué. J’ai fait l’expérience de mon premier tremblement de terre lors d’un pique-nique où les nouveaux amis ont rencontré les anciens. À chaque journée de nouvelles personnes s’invitaient au voyage. Il y a eu des rencontres furtives et des amitiés naissantes comme avec ces 2 français – le champion de billard et le gymnaste – et le belge handballeur. Ensuite il y a eu le départ pour le nord, un nouvelle terre à explorer alors qu’il restait tant à découvrir ici bas. La prochaine fois ! Rendez-vous à Wellington l’extravagante, avec ses plages, sa rue cubaine et ses friperies. Nous avons passé une après-midi au soleil à jouer une partie de football-rugby-freezbie. Nous avons bien mangé et surtout bien ri à un barbecue-feux d’artifices, chez la famille de Rosita la kiwi du groupe. Puis nous avons roulé plus au nord encore. Nous nous sommes perdus dans une vallée du nom de la Comté, le temps d’un cidre et d’un cou de soleil. Pour finalement être accueillis à Auckland par un Mihi whakatau, une cérémonie intimiste et généreusement bouleversante. J’ai aussi retrouvé un couple rencontré au Brésil quelques mois plus tôt, qui grâce à leur tour du monde ont recroisé notre route. Enfin nous avons vécu les soirées d’été au bord du feu, les plages magnifiques, les volcans iconiques, les trois jours sur une rivière loin de tout, la plongée à l’épave du Rainbow Warrior, et les aux-revoir…

Voici ce que fut ce mois et demi de Nouvelle-Zélande résumé, condensé en quelques lignes. À l’image des photos ci-dessous, des lucarnes ouvertes sur des moments de bonheur. Je vous laisse avec ça. Merci de voyager avec moi !

 

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Ma dernière lettre au Père Noël

Cher Père Noël, ô toi grand patron de la fin d’année, chef des rennes

et de dizaines de milliers d’enfants,

     Si je t’écris encore une fois c’est pour une demande un peu spéciale. En effet contrairement à l’année passée, je ne veux pas de cadeaux cette fois-ci. Non pas que j’ai été méchant en 2017, c’est juste que je n’ai besoin de rien. En tout cas, rien de matériel. Et surtout rien qui ait pu être fait par de petites mains exploitées ou avec des matériaux maintes fois transformés à partir d’éléments dont on viendra un jour à manquer. Rien qui ait pu occasionner de la souffrance dans sa fabrication ou qui pourrait nuire indiciblement à ma santé, à l’écosystème ou aux générations futures. Malheureusement, en deux phrases je viens de rayer la majorité de ce que tu as à me proposer sur ta liste de produits aux images aguicheuses. Je t’entends m’appeler «gauchiste» et je te réponds «empathique», «compatissant», «responsable», «humaniste» et «libre». Alors voilà, je ne veux rien de tes objets marqués, consommables soit disant faits pour durer. Je ne veux pas de ton obsolescence programmée ou de bonheur déguisé.

     Ce que je veux réellement, tu es la dernière personne à pouvoir me l’offrir, c’est contre ta nature désolé. L’amour ne s’achète pas, la nature non plus (juste un petit rappel au passage).

     Tu dois te demander pourquoi je t’écris au final. Et bien c’est un peu ma façon de te laisser derrière moi et peut-être d’encourager d’autres à le faire. Pour ceux qui ne l’auraient pas déjà fait. Je te dis donc au revoir petit papa du consumérisme.

PS : merci de libérer les rennes et les enfants, et va un peu t’occuper de ta mère Noël.

 

Maintenant je m’adresse à toi cher lecteur, pour te poser une question toute simple :

est-ce qu’on pourrait faire un noël sans cadeau ?

     Juste être là entre nous. Être heureux de tous nous réunir d’autant plus que ça n’arrive plus souvent aujourd’hui (quand les enfants ont grandi puis sont parti), ainsi va la vie. Et passer notre temps à faire des jeux, ou aller dehors, faire une activité qu’on ne fait pas habituellement ou qu’on a jamais fait ensemble. On pourrait même se retrouver ailleurs qu’à la maison, louer ou emprunter une autre maison. Et pourquoi pas inviter des gens que l’on ne connaît pas et qui sont seuls pour noël…

     Je sais que c’est un plaisir d’offrir, mais en toute honnêteté, ce n’est pas toujours le cas pour ce qui est de recevoir. Pas forcément parce que le cadeau ne nous plaît pas mais parce que ça peut-être déstabilisant de recevoir quelque chose selon les cas. Et si on veut s’offrir des cadeaux pourquoi tout concentrer sur une période de l’année, s’enfiler dans des allées de centre d’achat, jouer le jeu de grandes marques qui n’en ont qu’après notre argent.. ? Pourquoi pas s’offrir des choses faites localement, quand bon nous chante et à n’importe quelle saison, comme une surprise, justement pour le plaisir d’offrir ?

     Je suis plus pour un esprit de Noël et je trouve que le mot «esprit» est bien choisi car il y a quelque chose d’immatériel et de séduisant dans cette idée. Ça me renvoie au côté traditionnel, aux réunions familiales. Bien sur dans la tradition il y a les cadeaux au pied du sapin, mais pourquoi ne pas faire évoluer ça vers autre chose ? Noël peut-être une fête extraordinaire sans noyer les enfants sous une montagne de cadeaux. Tout ce qu’il faut faire c’est le rendre extraordinaire et pour ça, chacun peut trouver des idées. J’en cite quelques exemples plus haut et il y en a des milliers d’autres. J’aimerais juste qu’on arrête ce gaspillage déguisé dans un bel emballage fait avec du papier cadeau brillant. Parce que tout ça a des conséquences, notamment sur notre environnement mais aussi je pense sur nos enfants. Et là peut-être que je m’avance trop parce que je n’ai pas d’enfants, mais je me demande quel est l’intérêt d’apprendre à des petits que s’ils ont été plus ou moins sage, ils auront toujours plus de cadeaux chaque année. Pourquoi avoir toujours plus ? Pourquoi les rendre insatiable et les enfermer dans une logique où le bonheur est lié au matériel ?

     Je pousse le bouchon un peu loin Maurice, mais je me sens vraiment concerné par cette question parce que je suis issue d’une génération qui a vécu le début de ce type de noël. Et aujourd’hui, sûrement parce que je voyage beaucoup, je me rend compte que plus je suis léger mieux je me porte. C’est certes une réflexion de nomade mais je pense qu’elle peut s’appliquer à n’importe qui de sédentaire. Et là je pousse encore et je m’éloigne de noël, mais ce que le voyage m’apprend chaque jour, c’est que le bonheur n’est pas dans les objets que je possède mais dans les rencontres que je fais et dans les moments partagés que je vis.

     Il y a plein de réponses pour vivre un noël extraordinaire et ce qui compte c’est de les trouver ensemble. Bonnes fêtes de fin d’année à tous !

PS : éteignez votre télévision.

Jérémy

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Whanganui River – Nouvelle-Zélande – Décembre 2017

Itinéraire de tournée : Le Brésil, la beauté et l’amour.

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Je ne sais pas très bien par où commencer. Il y a maintenant deux semaines, je suis arrivé au Brésil – c’est mon premier séjour en Amérique du Sud – et il y a déjà tant de choses à raconter. J’aurais dû écrire au fur et à mesure mais j’ai été pris par le cour des choses. J’ai été saisi par la vie, happé par la beauté et la générosité des gens que j’ai rencontré ici.

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Nous sommes toujours dans des grandes villes qui fourmillent de monde. Il y a ceux qui marchent vite, les pressés qui enjambent ceux qui dorment au sol, et il y a ceux qui parlent, qui chantent et qui dansent. Il y en a plein d’autres aussi, c’est la multitude, la diversité incroyable, tous si différents et si beaux ! Je trouve qu’il y a quelque chose de très organique dans l’atmosphère. Une sorte de chaleur intrinsèque, une connexion impalpable qui facilite les contacts.

À Salvador je rencontre Josef qui m’ouvre son toit. Il ne parle aucune des trois langues que je connais et malgré ça on arrive à se comprendre. C’est une des beautés du voyage, quand au bout d’un moment tu n’écoutes plus seulement les gens avec tes oreilles. Il me parle de sa vie, me montre sa ville la nuit. 7 septembre, c’est la fête de l’indépendance et mon premier jour au Brésil. Il y a du monde dehors, ça pétarade, ça danse, les musiques de ce nouveau monde s’invitent dans la rue. Chaque maison a la sienne. Nous marchons dans ces ruelles bordées de maison d’un style portugais, auréolées de nombreuses églises. C’est ici à Salvador que les premiers colons sont arrivés. Ce fut la première capitale du Brésil. Nous rentrons plus tard chez lui, je suis un peu exténué par le voyage mais nous échangeons encore un peu, lui, son père Lévi et moi. Lévi parle beaucoup et me pose plein de questions sur ma vie. Il est juste vêtu d’un short et d’une toison à me rendre jaloux. Il s’exprime avec ses yeux et quand il est content il me serre la main, ce qui arrive souvent. Ce sont deux des personnes les plus gentilles que j’ai rencontrées dans ma vie. Après deux nuits passé chez eux, j’ai maintenant une bonne base en portugais mais surtout je commence ce voyage avec une énergie très positive.

À Rio nous partons en balade, à la conquête du Corcovado. Une statue du Christ perchée sur une montagne. Nous sommes une petite dizaine d’artistes du spectacle. Il y a un sentier piéton pour s’y rendre, à travers la jungle de la ville puis celle de la montagne. Une ascension de 3km sous le regard curieux des singes. 3km d’un beau dénivelé où nous sommes seuls et un peu à l’abri de la chaleur tropicale qu’il peut faire en cette fin d’hiver de ce côté du globe. Tranquillement, le groupe s’étale sur le flan de la montagne. Chacun à son rythme nous grimpons, appréciant ce moment entre deux respirations saccadées. Nous arrivons en haut médusés par la vue impressionnante mais trop vite écœurés par cette foule bruyante qui tout d’un coup s’impose à nous. Ces gens montés en bus ou en train qui viennent se prendre en photo tout là haut. Nous repartons en courant jusqu’en bas et plus loin encore, emportés par notre élan nous finissons la nuit par nous jeter dans l’océan de la plage d’Ipanema.


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On entend souvent parler de la violence. Je pense qu’en parler c’est l’encourager. Afficher des panneaux pour signaler qu’ici on risque de subir une agression si on ne reste pas sur ses gardes, ça nous pousse à nous méfier, à ne pas agir naturellement, à se déconnecter les uns des autres. Tout ça pour dire que je n’ai pas vu de violence à part celle infligée par l’argent. Alors je m’arrête ici sur le sujet. Parce que simplement pointer du doigt les choses qui ne vont pas ça n’encourage pas les choses à s’arranger. Et dire que tel ou tel quartier est dangereux ça ne permet pas aux gens qui y vivent de s’en sortir. Non, ce dont on a besoin c’est de l’inspiration, des énergies positives, des solutions, de l’imagination. Il y a plein de gens qui font ça. Notamment, cet homme qui il y a quelques années a consacré 10 ans de sa vie (peut-être plus) à refaire tout un escalier en céramique pour amener de la couleur et des images du monde entier dans un quartier populaire de Rio. Il y a aussi Nino, un italien de mon âge, arrivé il y a deux ans pour quelques mois et qui n’est jamais repartis. Il donne des cours d’anglais à des enfants dans une favela et permet à ces jeunes de rencontrer des voyageurs comme moi en nous invitant à venir l’aider pour son cours, depuis la plateforme du site couchsurfing. Il leur ouvre une fenêtre d’une valeur inestimable contre un peu de notre temps. Et l’enrichissement est partagé. J’en ai plus appris avec ces pousses de 11 ans en une heure qu’en une dizaine d’année à faire défiler mon fil d’actualité. Puis Nino nous a emmené au cœur de la favela, là où on ne va pas. La ville dans la ville, où les habitations se soutiennent les unes aux autres sur un flan de montagne. Tout est imbriqué dans une harmonie désordonnée, les arrêtes dépassent, les murs en traversent d’autres, les câbles tirés de la ville font la course à nos pieds et au dessus de nos têtes. Des kilomètres de galeries d’une beauté accidentée nervurent cette communauté métisse. On se perd ici puis on se retrouve et on ne veut plus quitter ces lieux.

Un soir, nous prenons un cours de forró. Une nuit nous dansons, puis une autre et encore une autre. Dedans, dehors, dans des fêtes de rue ou des centres communautaires ou des marchés ou des bars ou des maisons. Partout où la musique joue nous dansons. Et je tombe amoureux de ces gens éclatants qui dansent cœur contre cœur, sur la pointe des pieds. Je tombe amoureux de ces pauses qui reviennent tous les 4 temps, de ce temps suspendu entre deux êtres. Je tombe amoureux du contact de ces seins et de la chaleur de son front contre le mien, de cette intimité qu’on se créé juste le temps d’une danse, juste avant de redevenir des inconnus. Je me rend compte ou me rappelle ici, que je vis et veux vivre pour ces batailles du temps présent.

Finalement je rencontre Samantha. Nous sommes toujours à Rio et elle va aussi m’héberger via le site couchsurfing. Elle m’invite dans une fête sur une place publique où des femmes chantent et jouent de la musique. Elles embarquent avec force et fierté la foule dans leur joie de vivre et de célébrer. On partage des verres et on danse. Puis la dernière danse est annoncée. Ça va être ça pendant une heure ! Une heure à étirer la fête, à continuer à danser malgré tout, à en redemander encore. Encore une dernière, puis la suivante pour que la dernière ne fasse qu’en précéder une autre. Jusqu’au moment où nous rentrons, pour finir en discutant longuement dans la cuisine de Samantha. Le lendemain nous partons pour une petite balade vers le Pain de Sucre, où elle va rejoindre une amie. Je les laisse là et continue mon chemin sous le soleil de Rio. Je longe ces quartiers de maisons chères. Je longe ces plages où l’on vient jouer au foot. Je longe ces grands axes, ces rues, je marche vers une destination inconnue. Pas après pas, je suis là au milieu d’eux.

Salvador, Rio de Janeiro. Deux villes en presque deux semaines. Il reste une petite dizaine de jours pour parcourir les 4 villes restantes. Alors à bientôt..!

Finalement là !

Et voilà, les vacances s’achèvent, déjà ! Je n’aurais même pas eu de pluie, ou quasiment pas. Très peu pendant les jours de vélo en tout cas (chanceux me direz-vous?!). À part mardi en fin de journée où les orages jouaient à cache-cache avec moi et où j’ai du accélérer un bon coup sur les 13 derniers kilomètres pour éviter de m’en prendre un sur la tête. Il y a aussi eu mercredi où arrivé en haut d’une montagne, j’aperçois à ma droite un énorme nuage de pluie qui arrive à vitesse grand V… On a fait la course ; j’ai filé dans la descente comme un dingue ! Derrière moi, je voyais le paysage qui peu à peu disparaissait. Et au moment où le nuage est arrivé sur moi et où j’ai reçu quelques gouttes, il est passé par dessus la montagne à ma gauche et d’un coup : grand soleil et ciel bleu. Je l’ai échappé belle !

Ma dernière semaine fut délicieuse. Entre l’escalade d’une montagne pendant mon jour de repos, 2 journées de vélo rafraichissantes avec des portions partagées avec d’autres cyclistes (Louis mardi et Herbert mercredi), un autre jour de repos chez Christine et Reimund les parents de Julius cette fois avec une soirée dans leur sauna, et pour finir aujourd’hui, un au revoir aux montagnes qui avaient revêtues pour l’occasion une coiffe dorée et leurs manteaux cotonneux, puis les 140 derniers kilomètres sous un ciel perlé de nuages et des collines inondées de soleil.

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Merci à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ces 23 jours de vacances. Merci à mon papa d’être partis avec moi au départ et à ma maman de nous avoir suivi en voiture. Merci à tous ceux qui m’ont accueillis. Merci à vous qui me lisez !

Merci merci !!

1346km de sueur

1346, c’est le nombre qu’indique mon compteur ce soir après ces 11 jours de vélos. Et sur ces 11 jours, aujourd’hui a finalement été une journée un peu plus fraiche que les autres…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMercredi 21 juin, je quitte le nid douillet offert par le papa d’Antonin pour une journée de plus à travers la Suisse. L’objectif du jour est de me rapprocher de Zurich pour aller rejoindre des amis de cirque (encore) qui sont en répétition avec le cirque Monti. Alors comme d’habitude depuis quelques temps, je roule. Je pédale un coup à la fois. Pousser, tirer, ce genre de choses et je file à vive allure sous ce soleil qui est ma seule constance depuis le départ. Je finis de contourner le lac de Neuchâtel, je passe par le sud du lac de Bienne, je visite rapidement Solothurn le temps d’une viennoiserie. Je trace mon chemin. Mes seuls arrêts sont pour remplir mes gourdes… Ils sont nombreux ! Je dois boire entre 6 à 8 litres d’eau par jour. Je me demande combien j’en perds.

L’astre solaire passe sa journée à me tourner autour. Il s’assure que je n’ai jamais froid et que je tire une belle ligne d’eau derrière moi.

Aujourd’hui est une journée poussiéreuse. L’itinéraire me fait passer par plein de chemins de petits graviers. Mes jambes sont blanches tout comme mon vélo. Une fois la journée bien avancée, je rêve de la pluie et de ses bienfaits ; une petite douche fraiche pour mon vélo et moi. Mais ce n’est pas encore pour aujourd’hui.

Après 8h15 à pédaler et 146km de sueur tracée, j’arrive finalement à Wohlen. La solitude quotidienne se voit remplacée par les retrouvailles. Je suis heureux tout simplement.

Jeudi 22 juin, revoir toutes ces têtes m’a fait du bien. Je regrette de ne pas rester plus, mais il faut avancer.

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Sans le savoir j’attaque une des journées les plus difficiles du parcours… Ça commence bien, pour me mettre en jambe 2 très belles montées se présentent à moi. Il doit être autour de 10h et il fait déjà une chaleur assommante, surtout dans les ascensions. Il me faut presque 3h pour faire 30km et ce n’est pas fini. J’arrive en ville : Zurich le monstre. Je pense que c’est la première fois que je traverse une grande ville depuis le début. Celle-ci m’a marqué. Le bruit mêlé à la chaleur infernale, cette imbroglio de routes et de pistes cyclables qui apparaissent, disparaissent et s’entrecroisent. Fatigué du matin, je me sens perdu. Je suis un ahuri. Je roule dubitatif en regardant mes plans toutes les 5 minutes. À un feu, un gars sympa qui me pose quelques questions me redonne le sourire. Il me rappelle la chance que j’ai d’être libre. Alors j’attaque les cuisses déjà bien tendues une nouvelle côte dans Zurich.

J’arrive à Dubendorf, terrain connu puisqu’un mois auparavant je suis passé voir des copains de Cirque la Compagnie qui étaient en spectacle par ici. Ben je me suis perdu… Enfin, j’ai manqué la piste cyclable. Et comme dans la malchance on peut trouver de la lumière, je suis tombé sur Flo et Vera qui ont récemment ouvert un Food Truck et avec qui j’ai fait ma pause du midi !

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Tout l’après-midi j’ai roulé, et même plus. Cette obsession de toujours vouloir aller plus loin, d’avancer un peu plus, de gagner du terrain. Je ne sais plus à quoi je pense par moment. Je suis en état de méditation. Mes pensées filent à la même vitesse que mon vélo. Je suis une bulle qui roule. Tout est rythmé par les sons qui m’entourent, ceux de la nature, ceux des voitures nombreuses par ici, ceux de mon vélo. Je deviens un professionnel des surfaces au sol. Selon les sons que produisent mes pneus, je peux reconnaître si le goudron est plus ou moins récent, plus ou moins absent… Les vibrations aussi font partis de moi, je fais corps avec la route. Et ce soleil qui m’écrase toujours autant.

Au bout de 90km, j’ai maintenant l’habituel (à cette distance) «j’en ai plein le cul».

Traduction : mon cuir fessier rougie d’avoir été frotté assidument contre ma selle toute une journée durant.

En plus, je suis brûlé. Il doit être 16h environ. Je m’arrête dans une ferme qui vend des fraises et plein d’autres fruits. Je mange un sandwich et les 3/4 d’une barquette de fraises, et je repars.

Je quitte la Suisse sans m’en rendre compte (tout comme quand j’y suis entré). Je l’aurais traversé en moins de 4 jours. Je suis maintenant en Autriche, j’arrive à Bregenz où je m’arrête «j’en ai bien assez fait pour aujourd’hui !» : 155km en 8h30.

Vendredi 23 juin, je rejoins Lindau en Allemagne pour prendre la départ de la dernière grande piste cyclable de mon parcours : Bodensee-Königsee-Radweg.

Je viens de quitter l’Autriche où j’ai été brièvement pour l’Allemagne que je vais traverser d’ouest en est en longeant les Alpes. Ça promet du dénivelé mais aussi et surtout des paysages incroyables.

Pour les dénivelés je suis servis. Cette première journée dans le sud de l’Allemagne me fait grimper de 400 à presque 900 en une trentaine de kilomètres. La plus belle côte traversée faisait 16%. Je suis bien accroché à mon guidon et je pédale tantôt assis, tantôt debout. Heureusement l’air est moins chaud, j’ai même le droit à quelques courants d’air frais ! Et parfois un vent de face en montée, sympa ! Là, je vis à fond le poids de mon vélo… Je ne démords pas et je continue l’ascension. Je passe les 1000 mètres et je redescends. Chaque nouveau col passé, chaque nouvelle vallée traversée me fait découvrir de nouveaux paysages hallucinants. C’est beau d’être seul confronté à cette immensité dont je rêvais depuis si longtemps. Mes cuisses sont en feu mais qu’est-ce que je suis bien là ! Parfois je me sens vraiment isolé du reste du monde, plus un bruit humain, juste la nature, mon vélo et moi. Je profite de la rareté de la chose puis j’arrive de nouveau dans un village.

Deux fois j’ai rencontré des déviations. La première, j’évalue la situation et je vois que je peux passer en portant un peu mon vélo.

La deuxième, impossible de passer alors je prends la déviation et je me retrouve dans un chemin de cailloux. Mais avec le dénivelé et le poids de mon vélo, ça ne passe pas, je dérape, ça ne veux pas monter. Je me retrouve à pousser mon vélo, quasiment parallèle à la montée. Les sacoches me gênant, je suis presque allongé au sol pour pousser. Après quelques dérapages, j’y arrive finalement mais je suis brulé et «j’en ai plein le cul» #90km !

Je me pose finalement dans un camping pour finir tranquillement cette journée. Malgré les ascensions, ce fut une journée excellente en comparaison des deux précédentes ! J’en ai pris plein la vue pendant ces 7h10 et 113km.

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Samedi 24 juin, réveillé tôt camping oblige, tant mieux je partirais à la fraîche !

Comme je le disais dans l’introduction, aujourd’hui fut ma journée la plus rafraichissante, enfin ! Le temps était couvert, ce qui ne m’a pas empêché de profiter encore une fois des paysages magnifiques. En plus, j’ai eu beaucoup de descente aujourd’hui.

J’ai croisé deux lieux déjà visités lors de notre tournée à Munich : le château de Neuschwanstein et la montagne Zugspitze.

Je suis maintenant à Kochel am See après 103km de vélo en 6h05.

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Je viens d’enchaîner 6 grosses et belles journées de vélo et il m’en reste un peu moins que ça pour finir mon voyage. Je prends maintenant 2 jours au bord d’un lac pour me reposer (et reposer mes fesses). Bonne nuit et à bientôt pour la fin du voyage..!

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Un début qui secoue !

Jeudi 8 juin, mon père et moi enfourchons nos vélos à Gardouch.

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Il est 7h40 quand nous quittons ma mère et ma sœur et commençons à rouler sur les berges du canal du Midi.

Il fait beau et la température grimpe petit à petit. Le début est tranquille, la piste cyclable est goudronnée. Mais très vite nous nous retrouvons sur des chemins caillouteux, voir des pistes de VTT, pas vraiment adaptés pour nos vélos chargés. Ça tremble, ça remue, c’est bruyant. On évolue tant bien que mal aux côtés des péniches qui glissent langoureusement sur le canal. Nos mains crispées au guidon nous font subir les interminables vibrations. Les portions non-entretenues, leurs herbes folles et leurs ronces nous griffent au passage. En plus, nous avons le vent de face !

 

Malgré ces difficultés nous continuons. Nous avons des objectifs et il faut avancer ! Nous faisons une halte à Carcassonne pour manger puis nous reprenons la route.

C’est après 6h35 à pédaler soit 110km que nous arrivons dans le petit village de Castelnau d’Aude (entre Carcassonne et Béziers) où nous sommes accueillis par Fabienne en Couchsurfing.

 

Vendredi 9 juin, il est 7h et nous partons pour notre deuxième journée de vélo. Une grosse journée aujourd’hui puisqu’il nous faut parcourir près de 150km pour arriver à notre deuxième destination : le Grau du Roi. Nous décidons de prendre par la route pour éviter de rouler au bord du canal qui est trop accidenté pour nos vélos. Nous le reprenons finalement à Béziers où il est de nouveau goudronné.

Mais après une quinzaine de kilomètres très agréables, on repasse sur des pistes qui nous en font baver. Il y a même un passage à proximité d’une écluse où les vélos ne passent pas à cause des sacoches et surtout de barrières vraiment trop étroites..! Je porte nos deux vélos par dessus, puis deux autres vélos d’un couple de hollandais. Fatigués par des chemins limites «casses-gueules», nous reprenons par la route au niveau d’Agde.

Les 10 derniers kilomètres avant Sète sont magnifiques. Nous longeons les plages sous la chaleur d’un début d’après-midi de juin. Nous nous arrêtons dans un restaurant en bord de plage pour bien manger et se désaltérer avant de repartir une heure plus tard.

 

Passé Sète et divers étangs, nous sommes de nouveau sur une piste cyclable caillouteuse, entre un canal, des étangs et la mer. En bref, au milieu de nulle part ! Environ 2 kilomètres avant Vias, j’ai ma première crevaison sur le pneu arrière. On décharge donc mon vélo puis on change la chambre à air, sans se presser mais sans trop traîner non plus car il n’y a pas d’ombre pour se protéger du soleil qui nous assomme depuis plusieurs heures. On recharge et on repart, mais 200 mètres plus loin je crève à nouveau… J’avais pourtant vérifié qu’il ne restait pas de résidus pointus dans le pneu… Bon, ce n’est pas grave, on décharge de nouveau, on change la chambre, on recharge, on traverse un pont à pied, je remonte sur mon vélo et… PPfffffffffffffffff..! ZUT !! Après examen complet (et après avoir encore déchargé mon vélo), je remarque que mon pneu est arraché à un endroit. Donc quand je le gonfle et que je repars, la chambre à air vient se coincer dans le trou à cause du poids, ça pince et ça perce. C’est là que je me rend compte que mes pneus sont un peu vieux et qu’ils n’ont pas supporté toute la misère que les chemins leur ont fait subir. On tente une réparation de fortune, il ne reste qu’une quinzaine de kilomètres avant d’arriver et avec tout ça on a perdu quasiment 2h… Je décide de mettre toutes mes sacoches à l’avant et je roule en danseuse, penché sur mon guidon pendant une dizaine de kilomètres.

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Nous arrivons finalement à la Grande Motte qui n’est qu’à quelques kilomètres de Grau du Roi, et cette fois la réparation lâche et je me dégonfle. Je remet de l’air 5/6 fois pour essayer de gagner encore un peu de terrain. Nous finissons à pieds les 3 derniers kilomètres. Nous arrivons enfin après 20h, fatigués des péripéties de la fin de journée. On aura fait 145km en 8h30 de vélo. Marie, encore une couchsurfeuse, nous accueille chez elle avec une bonne humeur qui nous fait du bien !

Samedi 10 juin, dernière étape avec mon père.

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Ce matin, on ne peut pas partir tôt car nous devons attendre l’ouverture des magasins de vélos pour me racheter un pneu, puis réparer. Nous décollons donc à 11h en plein cagnard, nos gourdes remplies à ras bord. Aujourd’hui, l’étape est plus courte que prévu à cause du départ tardif et ma mère nous attend à Remoulins pour nous attraper au passage et nous conduire jusqu’à Montélimar d’où je repartirai le lendemain. C’est tant mieux car nous avons vraiment chaud !

Après 25 kilomètres, en arrivant dans le village de Saint-Laurent-d’Aigouze c’est cette fois mon pneu avant qui crève. Mon moral n’est pas très haut. Après les coups de la veille, et de savoir qu’on ne pourra pas arriver jusqu’à Montélimar, j’ai un peu le blues. On répare, je me rends compte que mon pneu avant aussi est pourris… Après ça on en profite pour manger un bout dans ce village charmant avant de repartir. On doit reprendre des forces parce qu’apparemment «il n’y en aura pas de faciles» ! Et c’est repartie sous la chaleur écrasante, on roule sur des routes de campagnes au milieu de champs divers et variés où on croise parfois des animaux. Au détour d’un bout de forêt nous tombons sur un majestueux champs de lavande qui nous accueille de son mauve luisant !

Dans ma tête, chaque son qui fait S, chaque grillon ou cigale me fait pencher le regard vers mes pneus…

Après une ascension finale, suivie d’une descente de 5 kilomètres, nous rejoignons finalement ma mère qui nous attend depuis un bon moment à la gare de Remoulins. Nous avons roulé 68km en 3h55.

Route avec Papa

Nous nous rendons à Montélimar en début de soirée, après un arrêt pour me racheter un pneu (encore) et nous finissons par un succulent festin dans un restaurant. Le dernier repas avec mes parents avant longtemps.

Dimanche 11 juin, premier jour en solitaire.

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Je quitte mes parents à 7h pour rejoindre la ViaRhona – une autre piste cyclable – en espérant qu’elle sera de meilleure qualité que le canal du Midi. Et c’est le cas ! Quel délice ! Malgré mes 4 sacoches (avant j’en avais 2 et mon père les 2 autres), je file à une vitesse comprise entre 20 et 25km/h. Je croise de petits villages très charmants en suivant la piste cyclable qui sillonne le long du Rhône.

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Après une petit pause à 11h à Valence, je continue de filer dans l’espoir de pouvoir arriver à Saint-Vallier dans la Drôme pour manger mon repas de midi. Rendu là, je serai à peu près à la moitié de mon parcours du jour.

Vers 15h, après une bonne pause à Saint-Vallier je repars, «pas l’temps d’niaiser» ! Je quitte la ViaRhona peu après pour couper dans les terres en direction de Bourgoin-Jallieu ma destination du jour. J’essuie une nouvelle crevaison due à la chaleur et à des chambres à air (soi-disant) auto-réparantes qui ne sont pas adaptées à mon type de voyage (j’ai trop de poids). Il fait 34 degrés, surement plus en plein soleil, alors je m’arrête souvent pour remplir mes gourdes. D’autant plus que je dois passer quelques collines, ce qui me fait suer à grosses goutes. En plus de mon vélo qui fait 17kg, j’ai environ 25 kilos d’équipement à porter par la force de mes jambes. Je serre les dents et je continue.

Et passé 20h, j’arrive enfin chez ma grand-mère qui m’attend avec deux de mes tantes. Aujourd’hui a été la plus grosse étape de tout le parcours, j’ai roulé pendant 10h pour parcourir plus de 180km !

Route Montélimar BJ

Depuis, je profite bien de ma famille et je me repose avant un nouveau départ entre deux orages demain..! ;o)

avec Mia

Avec ma petite cousine Mia

Lettre à mes grands-parents pour Noël

Cher Père Noël, ou plutôt chers Grands-parents,

(parce que ça fait un moment que je sais que le bonhomme Coca Cola n’existe pas)

Si je vous écris cette lettre, c’est dans l’espoir d’avoir un beau cadeau de noël cette année, car je pense avoir été relativement sage.

Au fil des ans, je sais que vous vous demandez en cette période de fin d’année «qu’est ce qui pourrait bien rendre heureux nos petits enfants». Et c’est souvent avec plaisir, que nous trouvons parfois un livre, un peu d’argent de poche dans une chaussette, d’autres fois un tricot coloré, ou même un bon d’achat de notre magasin préféré !

Ce qui me rendrait le plus heureux c’est un cadeau anticipé, parce que cette année j’ai un peu peur de l’avenir. En fait, je suis même terrifié ! À cause des récentes élections américaines, à causes de nos prochaines élections françaises et bien d’autres choses… Nous le voyons à la télé, nous pouvons le lire sur internet et dans la presse, les gens ont de plus en plus peur des autres. C’est d’ailleurs à mon sens la télé, l’internet, la presse, les politiques qui sont les principaux diffuseurs de ces peurs.

Je vais vous le dire : je n’ai pas peur des autres ! Je n’ai pas peur de mon voisin ! Je n’ai pas peur de celui qui n’a pas la même couleur de peau que moi et qui partage ma nationalité ! Je n’ai même pas peur de l’étranger ! Je n’aime d’ailleurs pas ce mot, parce que je ne trouve rien d’étrange aux inconnus en général. Je n’ai pas peur des immigrants, j’en suis un depuis quelques années ! Et si on regarde bien, en fait personne n’est à 100% originaire de son pays. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur et au contraire oser créer la rencontre. C’est quelque chose que j’ai appris en voyageant. Je reconnais que ça peut être difficile au départ parce qu’on sort de notre zone de confort mais la rencontre de l’autre est primordiale aujourd’hui. Il faut oser se mêler à l’autre, être curieux de sa culture et s’il le souhaite, lui expliquer la notre sans chauvinisme. Pourquoi pas même apprendre quelques mots dans sa langue ?!

Ce qui me fait peur par contre, c’est l’incitation à la haine, c’est d’entendre des gens nous parler d’identité en 2016 en cherchant à prévaloir une identité plutôt qu’une autre, c’est les raccourcis qui sont pris en pointant du doigt toute une communauté plutôt qu’une minorité fautive, c’est ceux qui se mêlent de ce qui ne les concerne pas, c’est le cabotinage politique, c’est qu’aujourd’hui quelque chose de divertissant se doit d’être stupide et à contrario, quelque chose d’intelligent est forcément ennuyeux, c’est le changement climatique et ceux qui en nient les conséquences, c’est la désinformation, la manipulation de masse et les lobbys, c’est la course à l’armement nucléaire, et d’avoir des fous au pouvoir…

La liste est encore longue et parmi toutes ces peurs se trouve la peur des discriminations. Qu’elles soient fondées sur les origines, sur les genres, les préférences sexuelles ou quelques différences que ce soient. Je trouve que c’est souvent trop pris à la légère alors que c’est quelque chose de très grave ! Parce que la discrimination, c’est le non respect d’un être humain. Et le respect, je pense que c’est une des valeurs fondamentales transmise par mes parents. J’imagine que c’est vous qui en êtes à la base. La discrimination, c’est la peur et le refus de l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Comme je le disais précédemment, il y a beaucoup d’autres choses dont nous devrions avoir plus peur aujourd’hui !

C’est pourquoi je vais vous demander une chose un peu particulière pour Noël cette année. Parce qu’un avenir trouble se présente devant vos petits-enfants. Parce que la paix sociale – déjà bien entamée – ne sera jamais rétablie si nous continuons par nos idées ou par nos actes de faire perdurer les discriminations. Et surtout parce que si nous n’agissons pas pour la sauvegarde de notre environnement, nous n’aurons bientôt plus de Terre pour semer les graines de notre avenir.

Pour Noël je vous demande donc de vous renseigner sur Yannick Jadot, candidat à la présidentielle pour Europe Écologie Les Verts. Parce que c’est un candidat qui n’est pas dangereux pour notre avenir. Nous pourrons échanger à ce sujet. Je pourrais même vous parler d’autres candidats intéressants ! Et j’espère que vous penserez à vos petits enfants devant les urnes au mois de mai. En attendant voici son site internet : avecjadot.fr

Joyeux noël et passez de belles fêtes de fin d’année,

Je pense bien à vous,

Votre petit-fils

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Jérémy