Les premières montagnes, la plongée et la Suisse..!

Jeudi 15 juin, après 3 jours en famille bien reposants, je reprends mon vélo direction la Haute-Savoie.

Qui dit «Haute-Savoie», dit «montagnes». Je n’ai pas monté de montagnes à proprement parler (pas encore) par contre je les ai vu apparaître petit à petit. Tout comme au fur et à mesure de ma route, j’ai entendu de la bouche des gens croisés, des tonalités changeantes. Du sud de la France à ici, les mots se sont faits plus ronds. Et les plaines se sont vallonnées et les plateaux sont apparus et mes jambes n’ont pas aimé. En faite ça va pas si mal. Je suis même plutôt bien sur mon vélo à filer face au vent par monts et par vaux, à chantonner ou siffloter, à contempler ces paysages si différents d’un endroit à un autre, tantôt fleuris de villages, tantôt quasi-désertiques où les rapaces s’envolent et guettent.

Après 90km en environ 5h, j’arrive à Chindrieux en Savoie chez Laurent, un ami d’école primaire que je n’ai pas vu depuis une dizaine d’année. Je pose mes affaires chez lui, je me rafraichis dans le lac du Bourget et je reprends la route pour le rejoindre à son travail – le centre de plongée et de formation «GoAndSea» à Chêne en Semine. À l’arrivée, mon compteur affiche 130km, je suis fatigué et j’ai bien besoin d’une autre douche !

Je suis resté 3 jours chez Go And Sea pour passer mon PADI Open Water Diver, le premier niveau de plongée. J’ai été super bien accueillis par Jann, le responsable du centre et formé par mon ami Laurent. En tout, j’ai fait 9 plongées dont 7 dans leur fosse de 20m et 2 au lac du Bourget. Une expérience vraiment superbe et de belles rencontres ! Je recommande chaudement à tous les intéressés d’aller se former auprès d’eux !! J’ai déjà hâte à ma prochaine visite sous-marine !

Lundi 19 juin, je repars direction la Suisse.

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Éloise ?

Là, ce n’est plus tout plat. Ça monte, ça descend. À partir de maintenant, je n’aime plus trop les descentes… Chacune d’elle annule tout le travail fournit pour monter la précédente côte. Et ça veut dire aussi que je vais devoir remonter au moins la même chose à un moment donné.

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Arrivé en Suisse !

Après une traversée de Genève très agréable, me voilà à longer le lac Léman, cette région remplie de souvenirs pour moi. Je reconnais les montagnes sur l’autre rive du lac que j’avais si souvent contemplé il y a quelques années.

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Finalement, vers 17h30 j’arrive à Lausanne. Il fait encore super chaud et comme quelqu’un m’avait prévenu quelques jours avant : «il n’y a pas de rue horizontale à Lausanne». J’arrache mes derniers efforts pour arriver dans le haut de la ville où je vais être hébergé par Marylène (la prof de clown d’Antonin), son compagnon Xavier, et aussi Cerise leur petite fille.

Bilan de la journée : 107km en 5h48.

Mardi 20 juin, départ à la fraîche pour arriver tôt.

Je file vite et je profite des quelques pentes (même si à l’avenir il va falloir grimper). En quelques heures, j’arrive à Yverdon-les-Bains. Comme il est encore tôt et que j’ai du temps, je me pose en terrasse d’un café où je rencontre Nathalie avec qui je parle de voyage, de ses enfants et de leur projet dans le développement d’actions communautaires. Une belle rencontre sur la route, elle m’a aussi offert mon café. Je repars et à la sortie d’Yverdon, un allemand s’arrête et vient à ma rencontre pour me demander où je vais et d’où je viens. Lui prend la même route que moi mais dans l’autre sens, direction la méditerranée. 

Il commence à faire vraiment chaud et j’apprécie le peu de courants d’air qui remontent du lac de Neuchâtel.

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Après encore de bons efforts en montée, j’arrive chez Christian le papa d’Antonin et Mireille sa femme à 13h30. J’ai roulé 72 km en 4h12. Au programme pour le reste de l’après-midi : un bon bain, une petite balade dans Neuchâtel, une baignade dans le lac et une fondue Suisse. Demain, je serais à la fois plus léger et plus lourd, mais je continuerai de filer droit à la rencontre de nouveaux mondes.

Un début qui secoue !

Jeudi 8 juin, mon père et moi enfourchons nos vélos à Gardouch.

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Il est 7h40 quand nous quittons ma mère et ma sœur et commençons à rouler sur les berges du canal du Midi.

Il fait beau et la température grimpe petit à petit. Le début est tranquille, la piste cyclable est goudronnée. Mais très vite nous nous retrouvons sur des chemins caillouteux, voir des pistes de VTT, pas vraiment adaptés pour nos vélos chargés. Ça tremble, ça remue, c’est bruyant. On évolue tant bien que mal aux côtés des péniches qui glissent langoureusement sur le canal. Nos mains crispées au guidon nous font subir les interminables vibrations. Les portions non-entretenues, leurs herbes folles et leurs ronces nous griffent au passage. En plus, nous avons le vent de face !

 

Malgré ces difficultés nous continuons. Nous avons des objectifs et il faut avancer ! Nous faisons une halte à Carcassonne pour manger puis nous reprenons la route.

C’est après 6h35 à pédaler soit 110km que nous arrivons dans le petit village de Castelnau d’Aude (entre Carcassonne et Béziers) où nous sommes accueillis par Fabienne en Couchsurfing.

 

Vendredi 9 juin, il est 7h et nous partons pour notre deuxième journée de vélo. Une grosse journée aujourd’hui puisqu’il nous faut parcourir près de 150km pour arriver à notre deuxième destination : le Grau du Roi. Nous décidons de prendre par la route pour éviter de rouler au bord du canal qui est trop accidenté pour nos vélos. Nous le reprenons finalement à Béziers où il est de nouveau goudronné.

Mais après une quinzaine de kilomètres très agréables, on repasse sur des pistes qui nous en font baver. Il y a même un passage à proximité d’une écluse où les vélos ne passent pas à cause des sacoches et surtout de barrières vraiment trop étroites..! Je porte nos deux vélos par dessus, puis deux autres vélos d’un couple de hollandais. Fatigués par des chemins limites «casses-gueules», nous reprenons par la route au niveau d’Agde.

Les 10 derniers kilomètres avant Sète sont magnifiques. Nous longeons les plages sous la chaleur d’un début d’après-midi de juin. Nous nous arrêtons dans un restaurant en bord de plage pour bien manger et se désaltérer avant de repartir une heure plus tard.

 

Passé Sète et divers étangs, nous sommes de nouveau sur une piste cyclable caillouteuse, entre un canal, des étangs et la mer. En bref, au milieu de nulle part ! Environ 2 kilomètres avant Vias, j’ai ma première crevaison sur le pneu arrière. On décharge donc mon vélo puis on change la chambre à air, sans se presser mais sans trop traîner non plus car il n’y a pas d’ombre pour se protéger du soleil qui nous assomme depuis plusieurs heures. On recharge et on repart, mais 200 mètres plus loin je crève à nouveau… J’avais pourtant vérifié qu’il ne restait pas de résidus pointus dans le pneu… Bon, ce n’est pas grave, on décharge de nouveau, on change la chambre, on recharge, on traverse un pont à pied, je remonte sur mon vélo et… PPfffffffffffffffff..! ZUT !! Après examen complet (et après avoir encore déchargé mon vélo), je remarque que mon pneu est arraché à un endroit. Donc quand je le gonfle et que je repars, la chambre à air vient se coincer dans le trou à cause du poids, ça pince et ça perce. C’est là que je me rend compte que mes pneus sont un peu vieux et qu’ils n’ont pas supporté toute la misère que les chemins leur ont fait subir. On tente une réparation de fortune, il ne reste qu’une quinzaine de kilomètres avant d’arriver et avec tout ça on a perdu quasiment 2h… Je décide de mettre toutes mes sacoches à l’avant et je roule en danseuse, penché sur mon guidon pendant une dizaine de kilomètres.

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Nous arrivons finalement à la Grande Motte qui n’est qu’à quelques kilomètres de Grau du Roi, et cette fois la réparation lâche et je me dégonfle. Je remet de l’air 5/6 fois pour essayer de gagner encore un peu de terrain. Nous finissons à pieds les 3 derniers kilomètres. Nous arrivons enfin après 20h, fatigués des péripéties de la fin de journée. On aura fait 145km en 8h30 de vélo. Marie, encore une couchsurfeuse, nous accueille chez elle avec une bonne humeur qui nous fait du bien !

Samedi 10 juin, dernière étape avec mon père.

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Ce matin, on ne peut pas partir tôt car nous devons attendre l’ouverture des magasins de vélos pour me racheter un pneu, puis réparer. Nous décollons donc à 11h en plein cagnard, nos gourdes remplies à ras bord. Aujourd’hui, l’étape est plus courte que prévu à cause du départ tardif et ma mère nous attend à Remoulins pour nous attraper au passage et nous conduire jusqu’à Montélimar d’où je repartirai le lendemain. C’est tant mieux car nous avons vraiment chaud !

Après 25 kilomètres, en arrivant dans le village de Saint-Laurent-d’Aigouze c’est cette fois mon pneu avant qui crève. Mon moral n’est pas très haut. Après les coups de la veille, et de savoir qu’on ne pourra pas arriver jusqu’à Montélimar, j’ai un peu le blues. On répare, je me rends compte que mon pneu avant aussi est pourris… Après ça on en profite pour manger un bout dans ce village charmant avant de repartir. On doit reprendre des forces parce qu’apparemment «il n’y en aura pas de faciles» ! Et c’est repartie sous la chaleur écrasante, on roule sur des routes de campagnes au milieu de champs divers et variés où on croise parfois des animaux. Au détour d’un bout de forêt nous tombons sur un majestueux champs de lavande qui nous accueille de son mauve luisant !

Dans ma tête, chaque son qui fait S, chaque grillon ou cigale me fait pencher le regard vers mes pneus…

Après une ascension finale, suivie d’une descente de 5 kilomètres, nous rejoignons finalement ma mère qui nous attend depuis un bon moment à la gare de Remoulins. Nous avons roulé 68km en 3h55.

Route avec Papa

Nous nous rendons à Montélimar en début de soirée, après un arrêt pour me racheter un pneu (encore) et nous finissons par un succulent festin dans un restaurant. Le dernier repas avec mes parents avant longtemps.

Dimanche 11 juin, premier jour en solitaire.

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Je quitte mes parents à 7h pour rejoindre la ViaRhona – une autre piste cyclable – en espérant qu’elle sera de meilleure qualité que le canal du Midi. Et c’est le cas ! Quel délice ! Malgré mes 4 sacoches (avant j’en avais 2 et mon père les 2 autres), je file à une vitesse comprise entre 20 et 25km/h. Je croise de petits villages très charmants en suivant la piste cyclable qui sillonne le long du Rhône.

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Après une petit pause à 11h à Valence, je continue de filer dans l’espoir de pouvoir arriver à Saint-Vallier dans la Drôme pour manger mon repas de midi. Rendu là, je serai à peu près à la moitié de mon parcours du jour.

Vers 15h, après une bonne pause à Saint-Vallier je repars, «pas l’temps d’niaiser» ! Je quitte la ViaRhona peu après pour couper dans les terres en direction de Bourgoin-Jallieu ma destination du jour. J’essuie une nouvelle crevaison due à la chaleur et à des chambres à air (soi-disant) auto-réparantes qui ne sont pas adaptées à mon type de voyage (j’ai trop de poids). Il fait 34 degrés, surement plus en plein soleil, alors je m’arrête souvent pour remplir mes gourdes. D’autant plus que je dois passer quelques collines, ce qui me fait suer à grosses goutes. En plus de mon vélo qui fait 17kg, j’ai environ 25 kilos d’équipement à porter par la force de mes jambes. Je serre les dents et je continue.

Et passé 20h, j’arrive enfin chez ma grand-mère qui m’attend avec deux de mes tantes. Aujourd’hui a été la plus grosse étape de tout le parcours, j’ai roulé pendant 10h pour parcourir plus de 180km !

Route Montélimar BJ

Depuis, je profite bien de ma famille et je me repose avant un nouveau départ entre deux orages demain..! ;o)

avec Mia

Avec ma petite cousine Mia

La veille de prendre la route

Ça y est, les vélos sont prêts ! La pression des pneus a été vérifiée, les chaînes sont graissées, les sacoches sont pleines et quasiment accrochées. Il ne reste plus qu’à nos jambes affilées de venir se fixer à chaque pédales par prolongement mécanico-articulaire, puis d’actionner la mécanique de haut en bas, d’avant en arrière, les fesses endurcies/ramollies soudées au saint siège qui nous supportera et que nous tenterons de surmonter. Demain tôt nous partirons mon père et moi, pour ouvrir ces presque 1600 km et les avaler un peu plus à chaque coup de pied.

Gardouch – Linz

Premières étapes :

  • Gardouch – Castelnau d’Aude = 110km
  • Castelnau d’Aude – le Grau du Roi = 130km
  • Le Grau du Roi – Montélimar = 150km
  • Montélimar – Bourgoin-Jallieu =150km

Retour d’une ballade de 90km.
Pierre, Pierrot et moi.

J’ai eu une idée !

Au mois de mars, en visitant la CN Tower à Toronto j’ai eu une idée. Le lieu n’a rien à voir avec l’idée mais je me souviens que c’est à ce moment là que j’y ai pensé, grâce au lieu !

Et puis un mois plus tard, le 16 avril, j’ai écris ça :

«Je veux voir le monde défiler devant mes yeux à une échelle permettant d’apprécier chaque instant, chaque merveille de nature, chaque erreur, les beautés des constructions humaines, l’architecture spéciale d’avant 90, les routes en plus ou moins bon état… Je veux sentir le vent frapper ma face et m’infliger un sentiment d’immobilité injuste. Je veux que le soleil rougisse et brunisse ma peau, je veux que la pluie mouille mes entrailles de sa sauce atmosphérique. Je veux des giclées de boue en pagaille, des ascensions interminables, des descentes vertigineuses, folles et libératrices. Je veux des routes qui se perdent au devant. Je veux être un point parmi tant d’autres qui file, maître de son chemin, seigneur de sa destination. Je veux rêver à mille à l’heure et prendre le temps de vivre.

Je veux être toujours prêt à attraper le bâton qu’on pourrait me lancer. Avoir l’âme libre et aiguisée. Être volatile et consistant. Être là dans l’instant présent pour me saisir du temps, le nouer à ma ceinture puis glisser tout simplement.»

Alors mon idée, la voilà… Début juin, je suis chez mes parents à Toulouse tranquillement à profiter et me ressourcer. Début juillet, je joue en Autriche avec Cirkopolis. Ça fait longtemps que je veux faire un voyage à vélo… Vous l’avez ?

Je vais donc partir de Toulouse dans le sud-ouest de la France jusqu’à Linz en Autriche, soit environ 1600 km en trois semaines de bonheur (enfin on verra) !

À suivre ;o)

Départ de Montréal le 29 mai avec mon vélo !

Lettre à mes grands-parents pour Noël

Cher Père Noël, ou plutôt chers Grands-parents,

(parce que ça fait un moment que je sais que le bonhomme Coca Cola n’existe pas)

Si je vous écris cette lettre, c’est dans l’espoir d’avoir un beau cadeau de noël cette année, car je pense avoir été relativement sage.

Au fil des ans, je sais que vous vous demandez en cette période de fin d’année «qu’est ce qui pourrait bien rendre heureux nos petits enfants». Et c’est souvent avec plaisir, que nous trouvons parfois un livre, un peu d’argent de poche dans une chaussette, d’autres fois un tricot coloré, ou même un bon d’achat de notre magasin préféré !

Ce qui me rendrait le plus heureux c’est un cadeau anticipé, parce que cette année j’ai un peu peur de l’avenir. En fait, je suis même terrifié ! À cause des récentes élections américaines, à causes de nos prochaines élections françaises et bien d’autres choses… Nous le voyons à la télé, nous pouvons le lire sur internet et dans la presse, les gens ont de plus en plus peur des autres. C’est d’ailleurs à mon sens la télé, l’internet, la presse, les politiques qui sont les principaux diffuseurs de ces peurs.

Je vais vous le dire : je n’ai pas peur des autres ! Je n’ai pas peur de mon voisin ! Je n’ai pas peur de celui qui n’a pas la même couleur de peau que moi et qui partage ma nationalité ! Je n’ai même pas peur de l’étranger ! Je n’aime d’ailleurs pas ce mot, parce que je ne trouve rien d’étrange aux inconnus en général. Je n’ai pas peur des immigrants, j’en suis un depuis quelques années ! Et si on regarde bien, en fait personne n’est à 100% originaire de son pays. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur et au contraire oser créer la rencontre. C’est quelque chose que j’ai appris en voyageant. Je reconnais que ça peut être difficile au départ parce qu’on sort de notre zone de confort mais la rencontre de l’autre est primordiale aujourd’hui. Il faut oser se mêler à l’autre, être curieux de sa culture et s’il le souhaite, lui expliquer la notre sans chauvinisme. Pourquoi pas même apprendre quelques mots dans sa langue ?!

Ce qui me fait peur par contre, c’est l’incitation à la haine, c’est d’entendre des gens nous parler d’identité en 2016 en cherchant à prévaloir une identité plutôt qu’une autre, c’est les raccourcis qui sont pris en pointant du doigt toute une communauté plutôt qu’une minorité fautive, c’est ceux qui se mêlent de ce qui ne les concerne pas, c’est le cabotinage politique, c’est qu’aujourd’hui quelque chose de divertissant se doit d’être stupide et à contrario, quelque chose d’intelligent est forcément ennuyeux, c’est le changement climatique et ceux qui en nient les conséquences, c’est la désinformation, la manipulation de masse et les lobbys, c’est la course à l’armement nucléaire, et d’avoir des fous au pouvoir…

La liste est encore longue et parmi toutes ces peurs se trouve la peur des discriminations. Qu’elles soient fondées sur les origines, sur les genres, les préférences sexuelles ou quelques différences que ce soient. Je trouve que c’est souvent trop pris à la légère alors que c’est quelque chose de très grave ! Parce que la discrimination, c’est le non respect d’un être humain. Et le respect, je pense que c’est une des valeurs fondamentales transmise par mes parents. J’imagine que c’est vous qui en êtes à la base. La discrimination, c’est la peur et le refus de l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Comme je le disais précédemment, il y a beaucoup d’autres choses dont nous devrions avoir plus peur aujourd’hui !

C’est pourquoi je vais vous demander une chose un peu particulière pour Noël cette année. Parce qu’un avenir trouble se présente devant vos petits-enfants. Parce que la paix sociale – déjà bien entamée – ne sera jamais rétablie si nous continuons par nos idées ou par nos actes de faire perdurer les discriminations. Et surtout parce que si nous n’agissons pas pour la sauvegarde de notre environnement, nous n’aurons bientôt plus de Terre pour semer les graines de notre avenir.

Pour Noël je vous demande donc de vous renseigner sur Yannick Jadot, candidat à la présidentielle pour Europe Écologie Les Verts. Parce que c’est un candidat qui n’est pas dangereux pour notre avenir. Nous pourrons échanger à ce sujet. Je pourrais même vous parler d’autres candidats intéressants ! Et j’espère que vous penserez à vos petits enfants devant les urnes au mois de mai. En attendant voici son site internet : avecjadot.fr

Joyeux noël et passez de belles fêtes de fin d’année,

Je pense bien à vous,

Votre petit-fils

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Jérémy

Itinéraire de tournée : La Chine, fin.

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Notre parcours pendant la tournée chinoise, du 17 juin au 5 septembre 2016, une vingtaine de villes entre Nanning et Xiamen.

Quand nous sommes arrivés nous étions tellement pathétiques. Nous criions, nous nous roulions à terre. Nous avons embrassé ces bouches, nous avons baisé le sol, nous avons serré fort les arbres tout contre nous. Nous avons mangé cette graisse généreuse et bienfaitrice, bu cet alcool sucré, respiré cet air un peu plus sain. La famille et les amis étaient là, non, nous ne rêvions pas. Nous quittions notre famille soudée par les épreuves et les émotions pour retrouver une autre famille, celle qui reste et attend notre retour. Quel accueil ! Des retrouvailles pleines de folie, de chaleur, de surprises. Ça y est nous sommes à la maison. Notre maison. Enfin, celle qui contient à peu près une chambre ou un bout de divan qui nous appartient. Celle parmi celles. Celle qui compte un peu plus de fois le contact de nos valises qui déversent au sol leurs souvenirs qui sentent le monde.

On rentre traumatisé, un peu comme on rentre de la guerre. Excepté qu’on a tué personne, on a peut-être même donné beaucoup de vie. On a pas vu non plus de morts, excepté peut-être celle d’un bout d’humanité, d’un morceau de nous. Nous avons vécu et partagé ce traumatisme humain, celui de la pitié qu’on ressent pour les autres, celui du dégoût envers le gâchis du potentiel et de la créativité. Nous sommes marqués. Marqués par l’absence du vide, l’absence de silence, l’absence d’air. Marqués par les contrastes, marqués par la sympathie et par l’apathie. Marqués par les regards insistants, curieux, incommodes, gênés et par les maintes et maintes prises photographiques transgressives. Marqués par l’obéissance démesurée aux règles et l’inexistence d’alternatives. Marqués par la solitude dans ce pays de plus de 1,357 milliards d’habitants… Et malgré tout, marqués par toutes ces belles rencontres, ces inattendus heureux, ces 2 minutes de n’importe quoi qu’on a créé tous les jours dans chaque endroit où on allait, et qui ont fait sourire ces gens qui ne savaient pas comment réagir.

Marqués par les gens qu’on a eu la chance de toucher et qui ont redécouvert certaines émotions à travers l’expression de notre travail.

On revient de ce voyage, le regard un peu plus différent qu’à chaque retour. Le cœur lourd et ouvert. J’ai envie de tout aspirer ! Redécouvrir chaque recoin comme on découvrait là bas chaque chose.

Aujourd’hui, je suis marqué par notre liberté et la chance incroyable qu’on a de pouvoir recréer chaque journée. Et surtout le bonheur de la conscience, de savoir qu’on a le droit de se tromper, de rater, de recommencer, de changer, de tomber encore, de pleurer, de se relever, de vivre et revivre, de créer et de réinventer. Mais aussi d’arrêter de produire, de ne rien faire, de se limiter à deux choses très simples : penser librement et respirer un air à peu près sain.

Itinéraire de tournée : le Fog

IMG_3661C’est une histoire flou. Une sombre histoire, celles d’inconnus qui marchent dans le gris. Leur monde est fumé, leurs verres sont embués. Ils sont en lignes, se suivent, se mêlent, remplissent le moindre espace blanc. Là où le vide n’existe plus, l’absence est erreur, le silence est mensonge. Là où la vraie vie – elle – est en ville. Des nuages chargés sont devenus les maîtres des lieux. C’est une histoire qui a commencé quand on avait le dos tourné. Hors du temps, quand les hommes sont devenus invisibles.

IMG_4043Le ciel est bas et les tours se perdent dans l’irrespirable. Des lignes, des boites, des antennes, des temples en plastique, des cages de béton. Et marche et cour le bétail humain. Rangés par couleur dans ce monde gris. Porteurs de masques alvéolés, de vaporisateurs, d’écrans portatifs batteries intégrés. Les pas sont lourds, incertains, maladroits, presque enfantins. Avalés par le brouillard constant – le Fog – ce monstre impalpable, massif, suspendu. Ici enrichie de particules en suspensions, d’ozone, de dioxyde d’azote, de dioxyde de soufre, de monoxyde de carbone… L’air irresponsable. Le voile est baissé. Il campe sur les errants, sur ceux qui acceptent, acquiescent et suivent le flot.

La brume rend tout mou et surréaliste. Les gens nagent dans la sueur, les immeubles flottent et les voitures continuent d’alimenter en masse cette buée céleste et poussiéreuse. Rien ne lui échappe, elle dévore tout sur son passage. On ne voit plus ses frères, on ne voit plus ses voisins, on ne voit même plus le danger arriver. Elle mange jusqu’à la peur. La seule chose qui lui résiste encore est le son. Tout devient plus fort, les klaxons, les cris, les impacts de pare-choc… C’est un tintamarre, un concert étourdissant, une fugue confuse. On ne voit pas plus loin que le bout de son nez mais on entend le moindre murmure qui explose à l’autre bout de la ville.

Du trop plein né le brouillard. La masse inexorable expire. Ils se sont appropriés jusqu’à l’air, ont vendu le ciel pour dominer la terre. Finis les belles nuits étoilées, les journées de grand soleil, la grisaille naturelle, l’air sain. C’est cher payé pour être gouvernés par des dieux qui s’en mettent plein les poches et suivre leur propagande au sable doré. Que restera-t-il du vide quand ils auront fini de remplir tous les trous ? Quand ils auront remplacé tout l’air de la terre par leurs gaz à effet de serre? Quand le libre arbitre sera quelque chose qu’on nous dicte ? Quand même nos jardins secrets seront avalés par le brouillard…

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Fument, fument, les naseaux de Smog. De grands yeux avides contemplent les sujets aller et venir dans le crachin, des griffes enserrant leur destin. Des ailes de dragon obscurcissent le monde. Les ombres ne sont plus des projections. Les ombres sont ceux qui marchent et courent dans la purée grise. Même le temps ne suit plus son cours. Il s’allonge dans la bruine, se suspend avec elle et glisse mollement. Toujours vers l’avant mais en s’étirant de tout son long, il coule comme les montres de Dali. Les jours deviennent des mois, les mois deviennent des années et toujours il nous pousse au devant.

Je porte mon regard au loin pour chercher un horizon qui n’existe plus. Je marche à travers les brumes. Je respire leurs embruns et j’oublie. J’essaye d’oublier mais c’est le reste qui le fait. Je suis un absent de plus dans le monde nuage. Pas de phare dans ce brouillard. On s’y perd un point c’est tout. Et pourtant je cours, je cris, je sémaphore. Je m’agite. Je suis en nage. Tout m’avale. Je suis aspiré par la folie du trop plein. Ma tête bouillonne, je suis agoraphobe. Je me noie dans une vague d’humains, celle qui fonce droit dans le mur. Je brasse pourtant à contre-courant mais tout m’arrache. Je suis pétri en dedans comme en dehors, balancé de droite à gauche. C’est une valse tonitruante, qui détone mais qui endort, et qui remet dans le droit chemin les ahuris et les polymathes qui tentent de s’extirper du Fog.

Où va le monde, oui où va-t-il ? Ici plus personne ne pose la question.

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